Le terme « édition » est employé pour le processus complet qui part d’un manuscrit achevé jusqu’à l’envoi d’une œuvre accomplie à l’imprimeur avant de passer à la distribution et la diffusion puis la mise en marché. Il recouvre l’accompagnement général d’un auteur de l’écriture de son manuscrit à des étapes plus techniques comme la révision, la correction, les choix graphiques de couverture et mise en page du livre ainsi que la validation du tout avant l’impression finale. Bien souvent les éditeurs et éditrices sont un peu les « cadres supérieurs » de l’entreprise. Ils dirigent une partie du programme, supervisent les calendriers de production, font du relationnel avec les auteurs (et leurs agents) et décident des conditions qui leur sont offertes dans les contrats proposés.
Vous êtes intéressés à la littérature ? Vous voulez vous faire publier ? Vous rêvez de devenir auteur ou autrice ? Écrivez votre texte. C’est la première étape. Exprimez-vous, donnez libre cours à votre imagination, pondez une œuvre adaptée à publication, peu importe la forme. Ensuite, envoyez-la à une maison d’édition (ou à plusieurs ; ce n’est en rien une transgression).
Les éditeurs reçoivent énormément de manuscrits par jour. Dans cette situation, on comprend facilement que l’apparition de fautes dès l’incipit (que ce soit sur le fond ou la forme) soit rédhibitoire pour la sélection du manuscrit. Pour ce qui est de la forme, il est impératif que votre texte soit impeccable en termes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire. Si les fautes de typographie (utilisation des majuscules, de la ponctuation, des italiques…) peuvent plus facilement être pardonnées par les éditeurs, elles n’en sont pas moins un frein dans la lecture lorsqu’elles sont répétées. Un correcteur professionnel traquera ces erreurs pour que la lecture de votre manuscrit n’en soit pas alourdie.
Pour le fond, c’est en grande partie sur votre incipit que va se jouer le sort de votre manuscrit : sera-t-il gardé de côté pour en continuer la lecture ou refusé ? Votre intrigue peut être passionnante, les personnages attachants, la chute inattendue : si le début du roman est mou, banal ou confus, il y a peu de chances pour que l’éditeur continue sa lecture. Mais imaginons que votre livre passe cette étape : c’est un très bon début ! Les obstacles à franchir restent encore nombreux : le style est-il fluide ? Les personnages sont-ils assez développés ? Y a-t-il des incohérences, des passages trop lents ou des digressions hors de propos ? Un relecteur professionnel pourra vous montrer tout cela, a fortiori s’il a lui-même été dans la position de l’éditeur qui sélectionne le texte. C’est quoi donc le travail du relecteur ?
La relecture est pratiquée sur plusieurs niveaux. Dans le monde de l’édition, ils peuvent être des professionnels en linguistique appliquée, en philosophie, et/ou des expérimentés de la littérature comme métier.
Abordons tout d’abord la relecture-correction. Il va s’agir de traiter un document final à un degré superficiel. C’est-à-dire qu’il va s’agir d’éliminer les fautes d’orthographe, de grammaire, de ponctuation, les incohérences, les erreurs de formatage, etc. Donc tout cela reste assez vaporeux et basique. Il faut savoir que la définition de la relecture-correction est cohérente et assez universellement acceptée ; c’est-à-dire que dans tous les pays et dans toutes les cultures, on comprend ce qu’est la relecture-correction d’un manuscrit, peu importe son contenu.
Ensuite, on peut considérer le proofreading. Ce service est principalement proposé pour rendre sans erreurs syntaxique une écriture qui est déjà bonne. Vous travaillez dans votre langue de prédilection, vous n’avez que des problèmes pour de la grammaire, de la ponctuation, des fautes d’orthographe ; le proofreading est juste un œil extérieur sur votre travail. Une fiche de lecture est remise à la fin et voilà ! L’annotation du manuscrit permet au relecteur de faire des remarques ciblées, autant sur le fond que sur la forme. L’auteur peut ainsi identifier facilement les tournures inexactes ou les passages qui mériteraient une réécriture et d’y apporter les corrections nécessaires. Le proofreading est souvent utilisé comme instument de travail sur les mémoires de fin d’études, sur les textes journalistiques ou pour des discours.
Faire appel à un service de relecture-correction ou de proofreading ne nécessite pas une étroite collaboration avec l’auteur, en ce sens que vous pouvez envoyer votre document et il n’y aura pas vraiment d’allers-retours. En principe vous envoyez votre document au professionnel et celui-ci vous est ensuite retourné comme étant relu et corrigé. Cette partie peut être faite avec des compagnies freelances ou des professionnels indépendants. Le délai de relecture/correction est assez court et le coût est moins élevé qu’un service d’édition.
Le service d’édition est un peu plus élaboré et plus complexe généralement sur la première version d’un document et qui continue jusqu’à ce que le projet soit finalisé. Il traite des principales caractéristiques de l’écriture et cela va bien au-delà de simples corrections grammaticales, orthographiques, de ponctuation… Sa définition va varier en fonction de l’étendue de l’édition ; il peut y avoir plusieurs options de service d’édition suivant la complexité du travail. Le but est d’améliorer la langue en apportant des modifications pour la clarté, la lisibilité, la fluidité et le ton de narration. Il y a là un traitement complexe, en profondeur et qui dépasse une simple revue rapide. Il arrive que le texte soumis soit reformulé pour suivre les points précités, avec parfois des choix de mots différents et aussi la suppression d’autres mots jugés inappropriés. En ce sens, c’est la qualité globale de l’écriture qui va être considérablement améliorée.
Un professionnel de l’édition sera en mesure de vous apporter un avis à la fois objectif et éclairé sur votre texte, ce qui n’est pas nécessairement le cas de vos proches ou de bêta-lecteurs. Rodé à la lecture de manuscrits, un professionnel connaît exactement les thèmes déjà largement explorés par les écrivains et les facilités narratives que l’on retrouve dans beaucoup de textes. En vous aiguillant vers les éléments à retravailler, il pourra vous éviter ces écueils et vous aider à approfondir l’originalité et l’authenticité de votre manuscrit. Il a une vision plus grande et s’est déjà confronté à d’autres textes pendant assez longtemps pour savoir ce qui fera de votre proposition une exception. Cette étape peut donc aboutir à une réécriture qui débarrassera votre manuscrit des maladresses stylistiques ou des tournures lourdes qui pourraient altérer la globalité de l’idée à véhiculer.
Le retravail d’un texte est une partie fondamentale du processus éditorial. Tous les textes ont besoin d’être retravaillés : le manuscrit parfait n’existe pas ! Écrire s’apprend et se travaille. En règle générale, si un éditeur ou une éditrice agit comme si votre texte était parfait et qu’il n’avait pas du tout besoin d’être étudié, fuyez ! Avant d’envoyer votre manuscrit à une maison d’édition ou de répondre favorablement à une proposition de contrat, il est primordial que vous consultiez scrupuleusement les témoignages autour de cette maison d’édition. Questionnez-vous sur la fiabilité de la structure en question. Et surtout, ne signez pas de contrat tant que vous n’êtes pas sûrs de savoir dans quoi vous vous engagez.


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