Fabrice Trécile, pour l’amour des lettres

Fabrice Trécile est le second lauréat de la première édition du Prix Poésie Jean-Élie François. Le jeune auteur a accordé un entretien à la Revue et c’est avec plaisir qu’il a partagé ses expériences littéraires et ses projets futurs. L’entretien était mené par Schebna Bazile.


Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’écriture ? Quand et comment avez-vous commencé?

J’ai commencé à vraiment apprécier l’écriture durant mon adolescence, grâce à des amis et autres écrivains amateurs sur les plateformes Tumblr et Wattpad. J’ai découvert des poèmes qui traitaient de sujets que j’apprenais à mieux comprendre, et un style d’écriture qui me convenait d’avantage: le format court, simple et direct. Cela me parlait plus à l’époque, contrairement aux textes d’auteurs connus, ceux des siècles précédents qui nous étaient présentés à l’école. C’est suivant ce format que j’ai décidé de mettre mes poèmes à l’écrit, tout en restant profond à travers les métaphores et autres figures de styles. Quelques lignes suffisaient donc pour raconter toute une histoire.

En quelle langue vos textes vous viennent-ils? Laquelle exploitez-vous le plus?

Mes textes me viennent principalement en anglais. C’est d’abord cette langue qui m’a aidé à voir la beauté de la poésie, jusqu’à me donner envie d’écrire à mon tour. Il m’arrive quand même de réfléchir à des poèmes en français ou en créole quand ce que je ressens suit un certain schéma…

Préférez-vous taper sur un ordinateur, sur votre téléphone ou écrire sur du papier? Pourquoi?

Ces trois méthodes me conviennent. Cependant je ne les utilise pas pour les mêmes raisons. J’écris sur mon téléphone quand un poème me vient sur un coup de tête. J’utilise l’ordinateur quand je travaille sur un projet spécifique. C’est vraiment le meilleur moyen pour moi de m’appliquer et rester concentré pendant assez longtemps. Le papier joue un rôle nettement plus personnel. Vraiment peu de gens auront l’opportunité de lire ce que j’écris sur papier. Il s’agit de mes travaux les plus personnels et de différentes “expérimentations littéraires” qui me poussent hors de ma zone de confort et à toujours découvrir ce que l’art de la poésie a à m’offrir.

Avez-vous un plan précis pour votre lancée littéraire ? Où vous voyez-vous dans les cinq prochaines années ?

A présent, je pense avoir au moins quatre projets littéraires sur le plancher et j’essaie toujours de trouver un bon ordre de lancement. Mais surtout, je compte être “cet écrivain haïtien” qui a osé ouvrir une porte vers un monde hors du commun, qui rassemble et guide en même temps beaucoup d’autres talents. Je ne sais pas s’il est possible de le réaliser en 5 ans, mais pour être honnête, j’ai de bons espoirs.

Avez-vous d’autres centres d’intérêt ou ambitions professionnelles à part l’écriture ?

L’art visuel est retient beaucoup mon attention. Je ne suis pas peintre ou dessinateur professionnel mais je connais quand même un peu les logiciels de retouche photo et il m’arrive aussi de gribouiller sur du papier. Dans un cadre plus formel, je compte m’aventurer dans le monde de la psychologie.

Est-ce qu’il y a des livres, des personnages ou des auteurs qui vous ont inspiré à écrire?

Tant de noms et titres à citer! D’abord, il y a les livres d’Odette Roy Fombrun (en particulier la série avec l’inspecteur Bertholo). Il y a aussi Jessica Fièvre, les Mangas de Dragon Ball Z et Naruto, les bandes dessinées de Titeuf, Kid Paddle, Spirou et bien sûr les légendes de Marvel et de DC. Ils ont su maintenir en vie l’intérêt que je portais à la lecture durant mon enfance. L’ambiguïté et la profondeur des personnages de Batman, Itachi Uchiha, Jiraiya, Vegeta pour ne citer que ceux-là, me donnaient envie de créer mes personnages à moi. Cependant mon écrivain préféré reste Charles Bukowski. Il m’a marqué durant mon adolescence à travers ses textes qui incarnent l’esprit même du réalisme sale.

Préférez-vous écrire ce que vous pensez que les lecteurs voudraient ou ce qui vous inspire personnellement ?

J’écris toujours ce qui m’inspire personnellement. Et je capte de la poésie partout. Parfois même des interactions sur les réseaux sociaux. J’écris sur ce qui me traverse ; pas suivant un quelconque lectorat.

Qu’est-ce qui vous a persuadé de participer au Prix Poésie Jean-Élie François?

J’ai vu l’annonce sur internet au moment même où je travaillais pour produire plus de textes français. J’ai jugé que c’était une occasion en or pour tester mes compétences.

Deuxième lauréat de la première édition, comment avez-vous reçu la nouvelle?

Avec beaucoup de fierté et de joie! C’était mon premier concours de textes en français. Cet accomplissement m’a donné de l’assurance dans mes projets d’écriture et j’en suis très reconnaissant.

Est-ce que “Marre du gris d’urne”, le texte avec lequel vous avez participé à ce concours, reflète votre identité d’auteur en général ou serait-ce juste une facette parmi d’autres? Quelles seraient ces autres facettes?

C’est définitivement une facette parmi d’autres. Le thème de mes textes varie en fonction de ce qui m’inspire au moment où l’envie d’écrire me prend. Cependant j’aime bien incorporer un esprit de romantisme, d’humour noir, de réjouissance et de tragi-comédie dans mes textes.

Avant la publication de ce poème, est-ce que l’un de vos textes a été publié ? Sur quel support (journal, revue littéraire, etc.) ?

J’ai quelques textes en anglais publiés dans une anthologie produit par Giulio Colman “Our Voice: A poetry anthologie from the rites of Tumblr”, un texte en créole “M ap tann move tan” publié par ‘Le Quotidien News’ sur leur site et mon propre recueil de poème intitulé “69: Words Shall Sin Too” qui est disponible sur Amazon.

Leave a comment

Create a website or blog at WordPress.com

Up ↑

Design a site like this with WordPress.com
Get started