Dévotion

••• De Emmanuela DERISSAINT ••

Si les mains rêvent d’avaler un cœur, c’est qu’elles ont appris que l’on ne peut mourir sans avoir dilué l’amour dans un verre de papier comme on dilue le soleil pour goûter à la lumière.
Et si ton cœur veut porter une main, écris mon nom sur une table. Pour conjurer la distance. Pour emmerder l’absence.
J’ai toujours voulu te dire que les certitudes ne se refusent pas. Mais tu fais le bois et le mur, oubliant que la vie est la plus belle des persistances.
Je suis une blessure que la solitude a ouverte. Tu es une bouche que les malheurs amoureux ont fermée. Confondons-nous.
Tu as peur. Mais les vagues… Les vagues de la mer ne lâchent pas. Elles ne meurent pas, ne renoncent pas. Alors, enterre le temps et prends ma main. Je suis une fleur qui a l’allergie des chutes. Tu ne tomberas pas.
Prends mon cœur. Il battrait alors au nom des choses élégantes, au nom des cohérences bien ponctuées, au nom des mémoires étoilées. Tu cesserais de mourir.
Prends mon nom. Il donnerait au tien l’élégance de la dernière minute de la beauté, l’éloquence d’un rayon de lune cassée. Tu renaîtrais.
Si tu t’aimes, aime-moi.
Avale-moi.
Racole-moi.
Accoste-moi.
Aboutis-moi.
Réalise-moi.
Applique-toi.
Fais-moi.
Défais-moi.
Accomplis-moi.
Réussis-moi.
Consomme-moi.
Ne m’abandonne pas.
Parce que moi, je préférerais mourir de toi que vivre d’autre chose.

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