Steevy FRANCISQUE, premier lauréat du Prix Poésie Jean-Élie François 2021-2022, est un jeune capois bourré de talents. Il s’est entretenu avec Schebna BAZILE et s’est fait un plaisir de répondre aux questions sur ses intérêts pour la littérature, ses projets et sa perception de l’initiative d’hommage à Jean-Élie François.
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire?
Il arrive à tout le monde de ressentir le besoin de s’exprimer. L’art est un moyen qui permet de communiquer. À un moment de ma vie, j’ai moi aussi ressenti la nécessité d’accoucher mes sentiments, de parler de la beauté et surtout de la douleur. La poésie aura été sans doute ma fenêtre la plus expressive.
Avez-vous écrit autre chose que des poèmes ?
Oui. Je m’habitue de plus en plus à la fiction. J’aime écrire des nouvelles et je compte bien devenir un bon romancier.
Avez vous d’autres textes publiés?
Oui, je compte ma première histoire courte primée et publiée virtuellement par Atou_Ayiti. Ensuite j’ai mon premier recueil de nouvelles titré “La Camarde”, mention spéciale du prix Amaranthe 2021, qui sort bientôt chez C3 Éditions.
Faites-vous partie d’un cercle, d’une association littéraire ou artistique ? Est-ce que vous trouvez que faire partie d’un tel regroupement peut aider à se donner un peu plus au monde littéraire?
J’ai eu une expérience de groupe au sein d’un média en ligne consacré à des articles de réflexions sur les phénomènes sociaux et des sujets plutôt philosophiques. L’expérience n’a pas longtemps duré mais j’y ai quand même appris l’importance d’avoir des éclaireurs intellectuels dans une société, des volontaires qui indiquent la lumière. C’est une forme d’engagement social voire patriotique.
Comment votre entourage perçoit votre intérêt pour les lettres?
Le premier soutien que je reçois vient des membres de ma famille, de mon grand frère en particulier, et de ma copine. Ensuite mes amis. Ils m’encouragent toujours, ils me font croire que je suis talentueux. C’est important d’avoir le support de son entourage quand on suit une voie similaire.
Comment percevez-vous le “métier d’écrivain”? L’envisagez-vous? Si oui, de façon exclusive?
Je crois que le métier d’écrivain est protéiforme. Tantôt il s’agit de plaire, tantôt de critique, tantôt de cultiver la réflexion, et bien souvent on écrit sans même savoir pourquoi; ce sont les mots qui nous dictent la main.
Bien sûr que j’envisage ce métier. En exclusivité peut-être pas encore. Vous savez, les jeunes écrivains ne se nourrissent que rarement de leur plume. Ça vient souvent avec le temps.
En dehors de votre penchant pour la littérature, avez-vous eu d’autres activités professionnelles ? Dans quel(s) champ(s) êtes vous?
Je peux désormais me dire gestionnaire en devenir, ayant été licencié en gestion des affaires. Mais il faut de l’expérience pour pleinement acquérir ce titre.
Vous avez un.e écrivain.e préféré.e?
J’en ai trois et je sais que je ne peux que difficilement choisir un préféré ! Un romancier haïtien : Gary Victor. Un poète français : Paul Éluard. Puis Stephen King, le virtuose du gore américain.
Qu’est-ce que le titre de premier lauréat du Prix Poésie Jean-Élie François représente pour vous?
Vous savez, ça fait toujours plaisir d’être primé. Néanmoins, je me considère gagnant au même point que tous les autres qui ont voulu rendre hommage à une figure si regrettable que Jean-Élie. Le plus important selon moi, c’est l’élan de vie qui a mobilisé tant d’acteurs à organiser ce concours en son nom. Comme quoi la mort n’aura jamais le dernier mot. Je pense que c’est la seule vraie victoire à célébrer.
“Ode à ma ville” vous a été inspiré par le Prix Poésie Jean-Élie François ou était-ce un ancien texte repris pour l’occasion?
“Ode à ma ville” est un texte qui trainait incomplet. J’ai saisi l’opportunité car je trouvais nécessaire d’encourager l’initiative. Je l’ai complété, peaufiné et je me suis lancé.
Quels seraient les meilleurs mots pour décrire l’auteur que vous êtes?
Je me dirais amant de l’éloquence de la douleur. Pour moi il n’y a pas de poésie sans une douleur à raconter. Toutes les histoires m’habitent si elles naissent d’amertume. Je pratique l’art qui tue l’artiste à la mesure de sa gloire. Voilà.
Autre chose à ajouter?
J’aimerais féliciter toute l’équipe du Prix Poésie Jean-Élie François car l’expérience a été merveilleuse. La clôture du festival Rasin à laquelle j’ai pu assister était à la fois émouvante et plaisante. Je pense que c’est un rôle de l’art. Le plaisir. Le chant-thème “Viv” qui avait sans doute arraché quelques larmes et provoqué un regain d’espoir m’a profondément touché. Quoi de plus beau que de ranimer l’espoir et de rappeler la vie ? C’est encore un rôle crucial de l’art.
Je souhaite à tous les participants à la seconde édition du cœur dans leurs textes pour un nouvel hommage à Jean-Élie.


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